Le Médiéviste et l’ordinateur
Le Médiéviste et l’ordinateurHistoire médiévale, informatique et nouvelles technologies
n° 31-32 (Printemps-Automne 1995) :
Les médiévistes et la politique de l’informatique
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Éditorial

Le thème de ce numéro est évidemment une gageure (Grand Larousse de la Langue française : Acte, projet si étrange ou si difficile qu'il semble l'effet d'un pari). Et il va bien au delà des possibilités d'information et de réflexion de l'équipe du Médiéviste et l'Ordinateur. Fallait-il pour autant ne pas oser ? Fallait-il, ayant osé et mesuré la difficulté de la tâche, y renoncer ? Il nous a paru au contraire qu'il fallait "passer outre" ces évidences et ces étrangetés, qu'il fallait mettre à plat nos questions aussi naïves ou utopiques soient-elles, faire part de nos inquiétudes à propos de la rencontre entre les médiévistes et cet outil entré définitivement dans le paysage sinon dans les moeurs, cette rencontre étant la raison d'être de notre bulletin.

Nous avons divisé notre présentation en deux parties. D'abord une simple enquête auprès des autorités de tutelle. On y trouvera les interviews réalisées entre mars et juillet de Dominique Barjot, Directeur adjoint du département des sciences humaines et sociales du CNRS, d'André Dauphiné, Directeur scientifique des sciences humaines du Ministère de l'Enseignement supérieur et d'Alain Kavenoky, Conseiller scientifique et technique pour les ressources informatiques au même ministère. Sylvain Auroux, Président du groupe de travail sur les bases de données documentaires en sciences humaines et sociales constitué en 1994 au CNRS, a accepté de nous livrer quelques conclusions du rapport remis à la direction et qui n'a pas encore été publié. En écho à l'interview d'Alain Kavenoky, Gérard Jean-François, Directeur du Centre de ressources informatiques de l'université de Caen, fait le poit sur le rôle de ces centres et présente celui de Caen. Il nous a semblé utile aussi de demander à André Zysberg de présenter les services informatisés que propose dès maintenant et que proposera dans un prochain avenir la BNF aux chercheurs médiévistes. Enfin Jean-Philippe Genet, qui a participé au tournant des années 80/90 à la réalisation d'un rapport sur l'état de l'informatique en SHS pour la Fondation Européenne de la Science, clôt cette partie par une réflexion sur les conditions nécessaires à la définition d'une politique de développement de l'informatique dans les SHS.

On découvrira dans ce premier ensemble toutes les raisons de craindre et d'espérer. Chacun s'accorde à reconnaître la nécessité d'une politique pour l'informatique en sciences humaines, mais il est clair que cette politique est à faire, en tenant compte des échecs ou des mésusages précédents.

Le deuxième volet de notre présentation concerne l'identification des besoins. L'idée force est que cette identification ne peut se faire que par les médiévistes eux-mêmes (demandez et vous recevrez), mais que les conditions de cette identification ne sont pas magiquement réunies :

- il apparaît clairement, en particulier à travers l'article de Hans Vorbij que le premier besoin est celui d'une réflexion méthodologique. Faciliter les accès matériels aux ressources informatiques vient ensuite ;

- il apparaît aussi -il est apparu souvent lors des discussions au comité de rédaction- qu'il est difficile de s'entendre. Le vocabulaire est flou -soit qu'il soit mal fixé soit que nous l'utilisions mal- ; c'est pourquoi il est absolument nécessaire d'apprendre à dire. Il faut faire un effort d'explicitation de ses propres problèmes et d'imagination pour entendre ceux des autres. Des expériences comme celles du Nouveau Du Cange, de la Bibliographie annuelle de l'histoire de France ou de MEDIUM sont précieuses à suivre, voire exemplaires. Elles montrent la difficulté et la nécessité de mises à niveau technologiques régulières qui s'accompagnent nécessairement, pour les concepteurs de l'outil, d'une "autocritique" coûteuse en temps et en matière grise mais qui restent incontournables. Elles montrent aussi de manière particulièrement vive un réel besoin de structures de conseil en informatique et de coopération entre informaticiens et chercheurs.

- Bien entendu, tous les témoignages que nous avons recueillis soulignent la nécessité d'une formation de base et entretenue ; encore faut-il, là aussi, savoir demander et proposer.

De ce dossier, il ressort que l'outil informatique est virtuellement -pour employer l'expression à la mode, mais qui a son sens plein ici- entré dans les pratiques des médiévistes, et qu'il est pris en compte par les directions scientifiques au CNRS et dans l'Enseignement supérieur. Toutefois, nous n'avons pas toujours eu l'impression d'être compris des personnes que nous avons rencontrées. Plus que de financement et de moyens matériels, nous voulions parler d'organisation de la formation, de la mise en place de structures et de procédures d'assistance, de concertation entre utilisateurs, etc... Notre question était et demeure : comment passer à la réalité d'un développement harmonieux, économe du temps et de l'investissement matériel, et surtout, comment gérer au mieux les efforts que nous sommes prêts à faire pour connaître et adapter à nos disciplines ce lointain descendant du silex taillé ? ...Nous vous laissons lire. Tout ceci a généré des réflexions de notre part que nous vous livrons en postface.

Le comité de rédaction

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Comité de rédaction :

Christiane BARYLA ; Monique BOURIN ; Caroline BOURLET (secrétariat) ; Jean-Philippe GENET ; Elisabeth LALOU ; Hélène MILLET ; Jacques MOURETON ; Claire PANIJEL ; Monique PAULMIER-FOUCART (coordination) ; René PELLEN ; Marie-Anne POLO DE BEAULIEU ; Jean-Claude SCHMITT.

Secrétariat : I.R.H.T. - 40 avenue d'Iéna - 75116 PARIS. Tél (1) 44-43-90-74 ;

e-mail : meto@alize.msh-paris.fr

Avec ses meilleurs voeux

de Bonne Année

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